17 mars 2011

On peut (ou on a pu) s'en passer...

Piètre cadeau que l'on fait à Philippe Minyana et Marie NDiaye. Voilà deux auteurs, pilliers du théâtre contemporain français, qui se voient déservis, voire trahis par ceux qui les mettent en scène. Les Rêves de Margaret est une pauvre petite chose, frêle, non assumée, qui fatigue le spectateur au lieu de l'entraîner dans le lyrisme social de Minyana. Quant aux Grandes personnes, de loin la pièce la plus intéressante des deux, elle alourdit le texte de Marie NDiaye en lui ôtant toute l'étrangeté et le mystère dont il est paré. Le fils possédé est secoué de soubresauts ridicules et le maître d'école pédophile, comparé à un rapace, est surplombé par de grands oiseaux fixés au bout de tiges métalliques. Tout cela est bien lourd... Les comédiens interprètent le texte de façon littérale, sans finesse, sans mystère. Qu'elle est loin l'impression étrange laissée par les personnages des Trois femmes puissantes qui avait reçu le Prix Goncourt!

Lou Grézillier.

Les Rêves de Margaret dans le cadre des 5 pièces inédites de Philippe Minyana, aux Abbesses jusqu'au 19 mars.

Les Grandes personnes de Marie NDiaye. Mise en scène de Christophe Perton. A la Colline jusqu'au 3 avril.


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