22 janvier 2011

La nuit juste avant les forêts de Koltès. Avec Romain Duris, mise en scène Chéreau.

Chéreau sait comme personne, sans doute, ennuyer son public dès les premières minutes de spectacle. Comme dans son Rêve d’automne qui se joue au théâtre de la Ville jusqu’au 25 janvier, La nuit juste avant les forêts s’ouvre sur un long silence que Romain Duris, seul acteur de la pièce, ne sait pas habiter. Au moins dans le Jon Foss y a-t-il l’intervention de Bulle Ogier qui vient secouer le public. Pauvre Koltès ! Dit pas Romain Duris, son texte nous laisse dans une torpeur pénible. L’acteur de cinéma vitupère en poussant sa voix sur un ton monocorde afin d’exprimer le désarroi de son personnage, malade de trop de solitude et qui se définit lui-même comme un étranger. Mais ce qui est insupportable dans un couloir de métro quand on croise un clochard aviné est aussi insupportable (et plus encore peut-être !!) au théâtre. La mise en scène, inexistante, n’aide pas Romain Duris qui comme son personnage, est bien seul. Patrice Chéreau, ami mythique de Koltès de son vivant, est-il venu plus d'une fois au théâtre de l'Atelier pour travailler cette mise en scène?

Lou Grézillier.

Théâtre de l'Atelier, jusqu'au 12 mars 2011.

Posté par Lougrezillier à 21:33 - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : , , ,


Commentaires sur La nuit juste avant les forêts de Koltès. Avec Romain Duris, mise en scène Chéreau.

    nuance

    Je te trouve un peu dure... Duris a des moments de grâce, tout de même: le récit de la fille du pont, l'histoire de la pute qui jette les vêtements par la fenêtre, il les fait exister, ces personnages. Ce sont des passages où il habite le texte. Après, d'accord avec toi sur l'a mise en scène inexistante qui dessert et le texte et l'acteur...

    Posté par fred, 23 janvier 2011 à 02:01 | | Répondre
  • 1 mois plus tard...

    Vu la pièce hier : en un mois, Duris a eu le temps de creuser son personnage, de se laisser habiter par le texte et je trouve au contraire qu'il endosse magnifiquement ce personnage de... clochard céleste ? "rat" traqué par les "chasseurs de rats" ? fou soliloquant ?
    Au contraire d'Yves Ferry, pour qui Koltès avait écrit "La Nuit...", Duris prend le temps de laisser respirer cette longue phrase, ménage des pauses, ose des changements de ton, laisse entendre l'humour de Koltès... Un grand moment de théâtre, pour moi. J'y retourne dans un mois, pour la dernière - on verra comment Duris aura évolué...

    Posté par Pierre, 21 février 2011 à 09:56 | | Répondre
  • Ennui...

    1H40 d'ennui ... Il ne suffit pas d'un bon texte de théâtre, d'un metteur en scène connu, d'un acteur "bankable" por faire un spectacle mémorable...

    Malheureusement, la mayonnaise ne prend pas, cette longue phrase s'étire à n'en plus finir, où sont le rythme, la scansion, le coup de poing, la stupéfaction de cette poésie du texte de Koltès ? On y voit de la plainte, de la victimisation, et rien de céleste. Yves Ferry dans la mise de Moni Grégo, a réuni tout cela, on sort au contraire de la mise en scène de Chéreau, sous le choc. Ici, après le spectacle on ne tremble pas. Il ne suffit pas d'être un bon acteur pour dire ces mots, encore faut il saisir la poésie de Koltès et la fulgurance du texte. Je ne parle de la mise en scène de Chéreau, qui est pour moi d'une ringardise affligeante... Mettre le "personnage" dans une chambre d'hôpital parce que le texte dit qu'il s'est fait tabassé... révèle la pauvreté imaginaire du metteur en scène.

    Posté par JM, 28 mars 2011 à 12:54 | | Répondre
  • Suffisance ou épuisement?

    Ce fut une vraie première au théâtre pour Duris mais pas pour Chéreau. En dépit d'un corps en mouvement, une belle chorégraphie, il me semble que l'acteur s'essouffle et ne parvient pas réellement à nous faire voyager. Comment expliquer les limites de l'acteur? Une bonne direction ne suffit pas surtout pour un texte qui n'a pas été écrit pour le théâtre.
    En bref, ce fut bien long et forcé par moments.

    Posté par lord, 08 février 2012 à 01:31 | | Répondre
  • Chapeau l'artiste

    Désolé pour les rabat-joies, j'ai aimé au TNP l'interprétation de Romain Duris. Seul, mise en scène ascétique, le texte bien servi. Il ne faut pas toujours aller au théâtre pour voir des pièces flamboyantes. Il faut aussi des fois sortir de la salle et réfléchir au texte. Très dense celui-ci se suffit à lui-même et occupe l'espace. C'est un bonheur d'avoir un acteur qui sache s'effacer derrière celui-ci. Sobriété n'est pas un mot vain.

    Posté par LB du 69, 15 mars 2012 à 11:14 | | Répondre
  • il est des nuits aussi...

    je n'ai pas vos references ni vos criteres juste l'envie.j'aimerai qu'un homme me dise les mots ses mots et ces mots et j'en oublirai les miens.le theatre permet la possibilite.en voila des mots...

    Posté par gertrude, 29 juin 2012 à 17:13 | | Répondre
Nouveau commentaire