Chéreau sait comme personne, sans doute, ennuyer son public dès les premières minutes de spectacle. Comme dans son Rêve d’automne qui se joue au théâtre de la Ville jusqu’au 25 janvier, La nuit juste avant les forêts s’ouvre sur un long silence que Romain Duris, seul acteur de la pièce, ne sait pas habiter. Au moins dans le Jon Foss y a-t-il l’intervention de Bulle Ogier qui vient secouer le public. Pauvre Koltès ! Dit pas Romain Duris, son texte nous laisse dans une torpeur pénible. L’acteur de cinéma vitupère en poussant sa voix sur un ton monocorde afin d’exprimer le désarroi de son personnage, malade de trop de solitude et qui se définit lui-même comme un étranger. Mais ce qui est insupportable dans un couloir de métro quand on croise un clochard aviné est aussi insupportable (et plus encore peut-être !!) au théâtre. La mise en scène, inexistante, n’aide pas Romain Duris qui comme son personnage, est bien seul. Patrice Chéreau, ami mythique de Koltès de son vivant, est-il venu plus d'une fois au théâtre de l'Atelier pour travailler cette mise en scène?

Lou Grézillier.

Théâtre de l'Atelier, jusqu'au 12 mars 2011.